Omer RESIC, de la Bosnie aux Ardennes ...

 

Né en 1933 en Bosnie (ex Yougoslavie), Omer RESIC est devenu professeur à l'Ecole des Arts Appliqués de Sarajevo aprés avoir été diplomé de cette même école et de l'Académie des Beaux Arts de Belgrade.

 

A partir de 1963, il s'installe à Paris et participe à diverses expositions collectives dont celles du Salon d'Automne et Mai à la Défense.

 

De 1992 à 1998, il réside à Saint Denis (Ile de La Réunion) où il occupe un poste de professeur de dessin, gravure, mosaïque et sérigraphie à l'Ecole des Beaux Arts de la ville du Port. Il réalise avec un autre artiste, Claude Berlie Caillat, un mémorial dans l'ancien hôpital des esclaves du musée de Villèle ainsi qu'un monument en l'honneur de François Mitterand à Saint Benoit.

 

Parallèlement à son activité de peintre, il a édité plusieurs albums de dessins dont "La Meuse de Charleville à Givet" et "les rues de Saint Denis".

 

Au retour de La Réunion, il s'installe définitivement dans les Ardennes, d'abord à Hierges, puis à Charleville où est actuellement situé son atelier.

"Omer Resic a trouvé dans les Ardennes une terre d'adoption, sa forte personnalité, le fait qu'il soit "taillé d'un bloc" lui ont donné une facilité d'adaptation qui lui a permis d'aller plus facilement à la rencontre de la rugosité de nos paysages.

 

Si au nord des Ardennes, il y a 12 000 ans de cela, nos ancêtres gravaient le schiste et les plaquettes d'ardoises, aujourd'hui Omer Resic y incise le cuivre et le métal, c'est dans ce contact avec la matière qu'il se révèle, en réalité il faudrait peut être parler de combat, en effet la nécessaire force physique devient ainsi le complément indispensable d'une grande sensibilité artistique ; c'est ainsi que la compréhension de la matière rapproche le travail du graveur à celui du sculpteur, en cela il n'est pas étonnant qu'Omer Resic se soit vu confier des oeuvres en trois dimensions.

 

Au centre de l'atelier, une solide presse à bras rappelle que le travail du graveur est aussi celui d'un homme passionné qui encre et nettoie ses plaques sur la machine, attentif à la perfection comme le sont les ouvriers des forges et des fonderies tout au long de la Vallée de la Meuse. Cette image est celle de l'atelier de Hierges où Omer Resic a travaillé pendant de longues années dans un isolement souvent souhaité mais parfois pesant, c'est ainsi que les Ardennes sont entrées dans sa vie, aujourd'hui ce pays est aussi le sien et son oeuvre en témoigne."

 

Alain Tourneux

Conservateur des musées

de Charleville Mézières